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Rédaction bigenrée et non genrée       Nouveauté

 

En français, le genre naturel et le genre grammatical, féminin ou masculin, sont étroitement associés lorsqu’il s’agit de personnes. Toutefois, on constate de plus en plus, chez certaines personnes qui ne se définissent ni comme homme ni comme femme, un besoin d’échapper à la binarité du genre grammatical. Ainsi, des formulations voulues neutres sont créées pour répondre à ce besoin.

 

Cela dit, il est encore trop tôt pour parler de changement dans l’usage général. Par conséquent, il est aussi trop tôt pour que l’Office québécois de la langue française émette des conseils relativement à ces formulations, et ce, même si l’organisme a déjà publié des recommandations officielles sur la rédaction épicène, laquelle permet une égale représentation des femmes et des hommes dans les écrits. Pour le moment, des cercles intellectuels et des départements d’universités mènent des recherches sur un nouveau type de rédaction, neutre, à la croisée de la linguistique et de la sociologie. L’Office suit ces travaux de près et documente les propositions qui en découlent.

 

D’ici à ce que l’organisme puisse énoncer des règles claires à ce sujet, voici un aperçu des deux tendances qui se dessinent : l’une est à la rédaction bigenrée, et l’autre, à la rédaction non genrée ou agenrée.

 

La rédaction bigenrée consiste en l’utilisation de termes hybrides comme frœur ou freure en remplacement de frère/sœur, ou tancle en remplacement de tante/oncle. Elle consiste également en l’utilisation de déterminants ou de pronoms issus de la contraction des formes masculine et féminine d’un mot, comme iel, yel ou ille (issus de il et elle), illes (issu de ils et elles), ceuses ou ceulles (issus de ceux et celles), toustes (issu de tous et toutes) ou maon (issu de mon et ma). Finalement, certaines propositions qui relèvent de la rédaction bigenrée portent sur l’accord des adjectifs et des participes passés, accord qui se fait alors au moyen de formes contractées comme amoureuxe (au lieu de amoureux ou de amoureuse) ou de doublets abrégés (arrivé(e) au lieu de arrivé ou arrivée).

 

La rédaction non genrée ou agenrée, quant à elle, fait disparaître les genres grammaticaux masculin et féminin en ce qui concerne les personnes. Elle fait appel à des pronoms neutres où ni le masculin ni le féminin ne sont visibles, comme ul ou ol (au lieu de il ou de elle), ou mo (au lieu de mon ou de ma). Certaines propositions non genrées portent sur les accords, remplaçant la marque du genre par une lettre (T ou z) ou par deux lettres (ae) : ul est aimeT au lieu de il est aimé ou de elle est aimée; ou ol est bien entourae au lieu de il est bien entouré ou de elle est bien entourée. La rédaction non genrée est à l’origine de la formation de nouvelles appellations de personnes, comme professionnèles, au lieu de professionnels ou de professionnelles. Elle est aussi à l’origine, en anglais, de la création du titre de civilité Mx au lieu de Mr. ou de Mrs. Enfin, la formulation neutre, déjà utilisée en rédaction épicène, est aussi associée à la rédaction non genrée.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : janvier 2018

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