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La prononciation
Prononciation de mots particuliers



Arguer

 

Arguer n'est pas un verbe très présent dans la langue courante et on peut se demander si l'hésitation sur sa prononciation et son orthographe n'explique pas, en partie, qu'on y ait si peu recours.

 

Arguer se prononce [aRgHé] (ar-gu-é), comme dans tuer, et les formes conjuguées se prononcent : j'argue [aRgy] (ar-gu), nous arguons [aRgH7] (ar-gu-on), nous arguions [aRgyj7] (ar-gu-ion), le participe passé argué [aRgHé] (ar-gu-é) et le participe présent arguant [aRgH2] (ar-gu-an).

 

Cette prononciation est concurrencée par celle, plus spontanée, de [aRgé] (ar-gué), comme dans larguer.  Cependant, celle-ci n'est enregistrée que dans quelques dictionnaires. Le petit Larousse la donne comme courante tout en consignant d'abord la prononciation traditionnelle. Le Larousse pratique précise dans une remarque que arguer « peut aussi se prononcer [aRgé] comme dans larguer ». Dans le Dictionnaire des difficultés du français de Péchoin et Dauphin, on lit : « on prononce le u distinctement comme dans aiguille ou [aRgé] sans prononcer le u ». Dans le Dictionnaire historique de l'orthographe française (dir. Nina Catach), on signale également que pour arguer « on est passé d'une prononciation trisyllabique avec prononciation distincte de u et de e(r) […] à une prononciation dissyllabique, la graphie gu ayant été alignée sur le cas général. »

 

On retiendra toutefois que la majorité des ouvrages de référence s'en tiennent encore à la prononciation [aRgHé] (ar-gu-é). Et pour appuyer cette prononciation, les Rectifications de l'orthographe proposent d'écrire argüer avec un tréma sur le u, conservé dans toutes les formes conjuguées (j'argüe, nous argüons, ils argüaient, argüé, argüant, etc.). Cette orthographe n'est pas tout à fait nouvelle et bien des observateurs de la langue l'avaient déjà souhaitée. Littré, à la fin du XIXe siècle, était de ceux-là. L'Académie l'avait permise en 1975 mais était revenue sur sa décision en 1987. De nouveau, elle a été proposée dans les Rectifications de l'orthographe de 1990. Il est certain que cette graphie guidera le locuteur dans sa prononciation.

 

Par ailleurs, certaines formes du verbe avec tréma (mais pas sur le u) figurent depuis longtemps dans certains ouvrages. Le tréma ne se met, dans les formes conjuguées, que sur le e muet ou le i. Ainsi, on peut écrire : j'arguë, mais nous arguons, vous arguez; j'arguais mais nous arguïons. On le trouve parfois à l'infinitif (arguër). Cette graphie est toujours acceptée mais les dictionnaires usuels n'en font plus mention, ce qui confirme qu'elle est aujourd'hui inusitée.

 

Pour pouvoir visualiser la transcription en alphabet phonétique international (API), qui apparaît entre crochets, vous devez avoir la police de caractères API TLFQ. Vous pouvez la télécharger sur notre site en cliquant ici. Pour vous familiariser avec les symboles de l'API utilisés dans la BDL, vous pouvez consulter l'article Alphabet phonétique international.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : septembre 2017

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