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Les anglicismes
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Addiction

 

D’emploi relativement récent en français, le mot addiction désigne un état caractérisé par le besoin de consommer une substance (alcool, drogue, médicaments, etc.) ou de répéter un comportement (jeux de hasard, utilisation d’Internet, sports, achats compulsifs, etc.). Il s’agit d’un emprunt intégral à l’anglais qui est bien implanté en Europe francophone dans le langage spécialisé de la médecine et de la psychologie, et aussi dans la langue générale. Le nom addiction est ainsi généralement consigné dans des ouvrages spécialisés et dictionnaires européens sans y faire l’objet de critiques.

 

Au Québec, la situation est différente. L’emprunt addiction reste assez peu usité, tant dans le langage spécialisé du réseau de la santé et des services sociaux que dans la langue générale. De plus, il est jugé défavorablement par plusieurs observateurs de la langue. Autrement dit, addiction n’entre pas dans la norme de référence du français au Québec. Il est donc préférable d’employer le nom dépendance, qui peut rendre la même idée et qui est habituel dans l’usage.

 

Dans certains ouvrages de référence européens, comme des dictionnaires de psychologie, la notion d’addiction est parfois considérée comme plus englobante que celle de dépendance, cette dernière y étant associée essentiellement aux substances. Toutefois, plusieurs auteurs considèrent les noms addiction et dépendance comme des synonymes, le premier étant généralement défini par le second. La notion de dépendance s’applique alors aussi bien aux substances qu’aux activités ou comportements.

 

Exemples :

 

  Le ministre devrait annoncer bientôt la création d’un nouveau centre pour le traitement des dépendances. (plutôt que : pour le traitement des addictions)

  Sa dépendance à l’alcool inquiète ses proches. (plutôt que : Son addiction à l’alcool)

  Son rapport aux jeux vidéo frise la dépendance. (plutôt que : frise l’addiction)

 

 

En outre, il est intéressant de noter que le mot dépendance, qui demeure largement répandu en français, entre dans la composition de noms de dépendances précises : alcoolodépendance, pharmacodépendance, cyberdépendance, etc. De tels noms, selon le contexte, peuvent remplacer addiction avec une grande exactitude. Il existe aussi de nombreux autres mots en français qui rendent l’idée de dépendance : assuétude, alcoolisme, toxicomanie, tabacomanie, etc.

 

Exemples :

 

  Plusieurs somnifères présentent des risques de dépendance et d’accoutumance.
(ou : et d’
assuétude)

  Le centre offre des services aux personnes aux prises avec un problème de dépendance aux drogues. (ou : de toxicomanie)

  Elle s’intéresse aux recherches sur la dépendance à l’alcool.
(ou : sur l’
alcoolisme, sur l’alcoolodépendance)

  Il passe énormément de temps sur les réseaux sociaux, mais je ne crois pas qu’il ait une dépendance à Internet. (ou : une cyberdépendance)

  Le congrès réunit des spécialistes de la dépendance aux médicaments.
(ou : de la
pharmacodépendance)

  La dépendance à l’héroïne a fait l’objet de nombreuses études cliniques.
(ou : l’
héroïnomanie)

 

 

L’étude des dépendances, ou addictions, constitue, dans plusieurs pays européens, une spécialité reconnue appelée addictologie. Celle-ci est enseignée dans les universités. De fait, le nom addiction entre dans diverses désignations officielles de programmes de formation, de politiques gouvernementales, de centres ou groupes de recherche, etc. Ceux et celles qui pratiquent cette spécialité (médecins, psychologues, etc.) sont appelés addictologues. Le nom addictologie a aussi produit l’adjectif dérivé addictologique, qui signifie « relatif à l’addictologie, au traitement des dépendances ». On le rencontre par exemple dans médecine addictologique, soins addictologiques et suivi addictologique.

 

Au Québec, c’est plutôt le nom dépendance qui entre dans la désignation officielle d’instituts de recherche et de centres venant en aide aux personnes souffrant d’une dépendance, dans des titres de programmes de formation et de cours portant sur le sujet, etc. Les mots addictologie, addictologique et addictologue ne sont pas non plus implantés dans l’usage. Les réalités auxquelles ils réfèrent peuvent être désignées au moyen de périphrases. Par exemple, on dira d’un médecin, d’un psychologue, d’un intervenant, etc., qu’il est spécialisé ou spécialiste en dépendances.

 

 

Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter les articles Addict et Addictif.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : novembre 2017

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