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À, de reculons

 

Les deux locutions adverbiales à reculons et de reculons sont employées le plus souvent indifféremment au Québec. On peut marcher, patiner, se déplacer à ou de reculons.

 

À reculons est attesté en français depuis le XIIe siècle. Quant à de reculons, il est relevé dans certains ouvrages de référence portant sur la langue du XVIe au XVIIIe siècle, qui le présentent généralement comme une expression des parlers régionaux de France. On peut toutefois douter de son caractère exclusivement régional puisqu’on le trouve sous la plume d’auteurs sérieux ayant publié des écrits destinés à la France entière. À l’époque de la colonisation, les deux ont dû être employés en concurrence, et c’est la préposition à qui s’est finalement imposée dans l’usage en France, alors qu’au Québec les deux locutions ont sans doute toujours coexisté.

 

Dans leurs efforts d’alignement sur le français commun, des observateurs de la langue au Québec ont tenté tout au long du XXe siècle de substituer la locution à reculons à la variante de reculons. On ne peut pourtant rien reprocher à de reculons sinon de n’être pas passé dans la langue générale. Dans un registre soigné, on pourra cependant, pour cette raison, préférer l’emploi de à.

 

Exemples :

 

- L’entrée trop étroite l’a obligé à sortir en rampant à reculons. (ou de reculons)

- Elle a dû se résigner à assister à cette soirée, mais c’est à reculons qu’elle y est allée. (ou de reculons)

 

 

Pour ce qui est de la locution à reculons pour parler du mouvement de marche arrière d’un véhicule, si celle-ci est usitée au Québec, avec de reculons, elle ne semble l’être que rarement dans le reste de la francophonie, où l’on recourt spontanément à en marche arrière. Dans un registre plus soutenu ou dans la langue spécialisée, on privilégiera en marche arrière.

 

Exemples :

 

 - Il préfère entrer sa voiture en marche arrière pour pouvoir sortir plus facilement. (plutôt que à reculons ou de reculons)

- Pour certains, stationner sa voiture en marche arrière est un exercice difficile. (plutôt que à reculons ou de reculons)

 

 

Enfin, le substantif reculons ou reculon, le plus souvent précédé de l’article le, que l’on relève dans la langue familière au Québec, dans des contextes analogues, devrait lui aussi être remplacé par marche arrière dans la langue plus soutenue ou spécialisée. On emploie ce dernier dans des expressions comme passer la marche arrière, passer en marche arrière, mettre la marche arrière ou mettre en marche arrière, à la place de mettre le reculon(s), mettre sur le reculon(s).

 

Exemple :

 

- L’enfant a mis la marche arrière sans s’en rendre compte, et la voiture a descendu la côte. (et non a mis le reculons ou le reculon, ni a mis l’auto sur le reculons ou sur le reculon)

 

 

Pour en savoir plus sur ce type de formation de locutions adverbiales, vous pouvez consulter l’article À califourchon, à tâtons.

 



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : novembre 2017

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