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La prononciation
Phénomènes phonétiques



Assimilation des voyelles

 

L’assimilation des voyelles, c’est-à-dire le changement de leur prononciation sous l’influence d’autres phonèmes, peut donner lieu aux trois changements articulatoires suivants : l’harmonisation, la nasalisation et le dévoisement.

 

De façon générale, on parle d’harmonisation lorsqu’une voyelle influence directement la prononciation d’une autre voyelle au point que celle-ci en adopte certains traits. Ce phénomène se produit dans certains contextes phonétiques : la voyelle qui est modifiée apparaît en syllabe ouverte non accentuée, alors que celle qui occasionne ce changement est en syllabe accentuée. Par exemple, dans chacun des cas suivants, on observe la fermeture de la voyelle [E] (è), qui devient [é] (é), sous l’influence de la voyelle qui suit.

 

Exemples :

 

- têtu [téty] (té-tu) plutôt que [tEty] (tè-tu) : le son [E] est devenu [é] sous l’influence du son [y].

- aider [édé] (é-dé) plutôt que [Edé] (è-dé) : le son [E] est devenu [é] sous l’influence de la voyelle finale [é].

 

 

La nasalisation consiste à transmettre le trait de nasalité d’une consonne nasale à une voyelle orale, qui devient par le fait même une voyelle nasale. On appelle consonnes nasales et voyelles nasales les consonnes et les voyelles dont l’articulation implique le passage de l’air dans la cavité nasale : en français, on trouve les consonnes nasales [m] (moi), [n] (nid) et [N] (agneau), et les quatre voyelles nasales [2] (piment), [8] (pain), [6] (brun) et [7] (pont). Les quatre voyelles orales correspondantes, [a] (patte), [E] (paix), [4] (peur) et [O] (pomme) se prononcent avec l’expulsion de l’air par la bouche seulement.

 

Exemples :

 

- même [m8m] (min-mm) plutôt que [mEm] (mèm) : le son [E] est devenu nasal, [8], sous l’influence du son [m].

- chaîne [S8n] (chin-nn) plutôt que [SEn] (chènn) ) : le son [E] est devenu nasal, [8], sous l’influence du son [n].

 

 

On appelle consonnes sourdes les consonnes dont l’articulation se fait sans vibration des cordes vocales, et consonnes sonores ou consonnes voisées, celles dont l’articulation nécessite cette vibration. Les voyelles, elles, sont généralement sonores. Toutefois, au contact d’une consonne sourde, elles peuvent être dévoisées : les cordes vocales ne vibrant plus ou presque plus au moment de leur articulation, elles sonnent alors un peu comme un chuchotement. C’est ce qu’on appelle le dévoisement. Ce phénomène ne touche que les voyelles [i], [y] et [u] lorsqu’elles sont inaccentuées.

 

Exemples :

 

- université [ynivERsté] (uni-ver-sté) plutôt que [ynivERsi] (u-ni-ver-si-té) : le son [i] est assourdi sous l’influence des consonnes [s] et [t], qui sont sourdes.

- occupé [Okpé] (ok-pé) plutôt que [Oky] (o-ku-pé) : le son [y] est assourdi sous l’influence des consonnes [k] et [p], qui sont sourdes.

 

 

Pour en apprendre davantage, vous pouvez également consulter les articles Assimilation, Assimilation des consonnes, Articulation des voyelles et Articulation des consonnes.

 

Pour pouvoir visualiser la transcription en alphabet phonétique international (API), qui apparaît entre crochets, vous devez avoir la police de caractères API TLFQ. Vous pouvez la télécharger sur notre site en cliquant ici. Pour vous familiariser avec les symboles de l'API utilisés dans la BDL, vous pouvez consulter l'article Alphabet phonétique international.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : septembre 2017

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