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L'orthographe
Homophones lexicaux



Gai et gué

 

Il ne faut pas confondre les mots gai et gué, qui ont des sens différents, mais qui se prononcent de la même façon, c’est-à-dire [], comme dans le verbe voguer.

 

Gai peut être employé comme adjectif au sens de « qui est d’une humeur joyeuse, enjouée » ou « qui marque ou inspire de la bonne humeur ». Plus particulièrement, et dans un registre plus familier, gai peut signifier « dont la joie vient d’une légère ivresse », notamment dans l’expression avoir le vin gai « éprouver de l’euphorie par l’ivresse ».

 

Exemples :

 

  Votre fille a un très bon caractère, en plus d’être blagueuse et toujours gaie.

  Louis est gai comme un pinson depuis qu’il a été promu directeur.

  Ce n’était pas gai, la pause pour le départ de cette employée tant appréciée!

 

 

Le nom gai est aussi employé comme graphie francisée de l’emprunt à l’anglais gay; il signifie alors « personne qui éprouve une attirance pour les individus de son propre sexe ». On l’emploie surtout en parlant de l’homosexualité masculine, et dans un registre moins soutenu que le nom homosexuel. En emploi adjectival, gai signifie « relatif aux homosexuels », en parlant notamment de lieux ou de manifestations. Gai varie en genre et en nombre, qu’il soit employé comme nom ou comme adjectif.

 

Exemples :

 

  Pierre habite dans un quartier où il y a une grande concentration de gais et de lesbiennes.

  Ce défilé de la fierté gaie était haut en couleur.

 

 

Le mot gué peut signifier « endroit peu profond d’un cours d’eau où l’on peut traverser à pied ». On rencontre surtout ce sens dans la locution adverbiale à gué : traverser, passer une rivière à gué. Au figuré, l’expression au milieu du gué signifie « être dans une période difficile » ou « être en pleine action », sens qu’on trouve notamment dans le proverbe on ne change pas les chevaux au milieu du gué.

 

Exemples :

 

  Vous verrez un endroit, à environ 1 km d’ici, où vous pourrez traverser la rivière à gué.

  Il est irresponsable qu’un projet d’une telle importance soit abandonné au milieu du gué, faute d’argent!

 

 

Enfin, on trouve encore dans certaines chansons anciennes l’interjection gué, notamment dans la locution interjective ô gué!, qui sert à exprimer un sentiment de joie. Gué est ici une variante de l’interjection désuète gai qui était utilisée autrefois par ellipse de « que l’on soit gai! ».

 

Exemples :

 

  Je suis un petit poupon / De bonne figure / Qui aime bien les bonbons / Et les confitures / Si vous voulez m’en donner / Je saurai bien les manger / La bonne aventure, ô gué! / La bonne aventure.

  Si César m’avait donné / La gloire et la guerre / Et qu’il me fallût quitter / L’amour de ma mère / Je dirais au grand César / Reprends ton sceptre et ton char / J’aime mieux ma mère, ô gué! / J’aime mieux ma mère. (Les misérables, t. 1, Victor Hugo)

 

 

Pour pouvoir visualiser la transcription en alphabet phonétique international (API), qui apparaît entre crochets, vous devez avoir la police de caractères API TLFQ. Vous pouvez la télécharger sur notre site en cliquant ici. Pour vous familiariser avec les symboles de l’API utilisés dans la BDL, vous pouvez consulter l’article Alphabet phonétique international.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : novembre 2017

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