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Figures de style > Figures jouant sur le sens



Syllepse

 

La syllepse est une figure de style qui consiste à jouer sur la polysémie d'un mot en évoquant simultanément son sens propre et son sens figuré. Ce procédé, aussi appelé double sens et syllepse oratoire ou de sens, permet notamment de mettre l'accent sur l'imaginaire ou l'humour et de créer un lien de complicité avec le lecteur.

 

Exemples :

 

- Brûlé de plus de feux que je n'en allumai. (Racine)

- Ce n'est pas que je prenne mon chien pour plus bête qu'il n'est. (Raymond Devos)

- En voyant le lit vide, il le devint. (Ponson du Terrail)

 

On associe aussi la syllepse au zeugme sémantique, aussi nommé attelage, figure qui consiste à joindre à un mot deux compléments disparates quant à leur signification.

 

Exemple :

 

- Contre ses persiennes closes, Mme Massot tricote, enfermée dans sa chambre et dans sa surdité. (Roger Martin du Gard)

 

 

La syllepse peut aussi être de nature grammaticale. Elle désigne alors un accord grammatical fait selon le sens ou la logique, et non selon les règles habituelles. Ce procédé, aussi appelé syllepse grammaticale, peut porter sur l’accord en genre, en nombre ou en personne. En rhétorique, la syllepse grammaticale sert à mettre en valeur l'idée exprimée et à créer un effet de surprise par le non-respect des règles traditionnelles d’accord.

 

Exemples :

 

Une personne me disait un jour qu'il avait une grande joie et confiance en sortant de confession. (Pascal)

- Ton fiancé, je ne sais pas d'où elle sort, mais il est vilaine. (Boris Vian)

- Dans la foule des romanciers, qui retenir? Quantité ont apparu, puis disparu. (Maurice Nadeau)

 

La syllepse grammaticale n'est pas toujours employée dans un but stylistique. Il arrive qu'elle soit obligatoire dans certains cas. Par exemple, lorsque les pronoms nous et vous ne représentent qu'une seule personne, l’accord de l’adjectif se fait au singulier et selon le genre qui convient; lorsque personne et chose sont employés comme pronom indéfini plutôt que comme noms, ils commandent un accord au masculin; une expression comme la plupart, bien qu'elle soit au singulier, commande l’accord du verbe au pluriel. Parfois, la syllepse grammaticale est plutôt facultative ou occasionnelle; ainsi, l'accord de l’adjectif avec le pronom indéfini on peut se faire au singulier ou au pluriel malgré le fait que l’accord du verbe se fasse au singulier.

 

Exemples :

 

- Êtes-vous heureuse?

- Quelque chose d’anormal s’est produit puisque personne n’est arrivé.

- La plupart sont repartis très tôt.

- On doit être responsables (ou responsable) de ses actes.

 

 

En rhétorique, la syllepse est très proche de l'antanaclase, figure qui consiste à employer un mot deux fois dans la même phrase mais avec des sens différents. Pour en savoir davantage sur cette autre figure, vous pouvez consulter l'article Antanaclase. La syllepse étant aussi parfois associée au zeugme, vous pouvez consulter l'article Zeugme pour en savoir davantage.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : septembre 2017

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