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La rédaction et la communication
Féminisation et rédaction épicène > Rédaction épicène > Généralités sur la rédaction épicène



Questions fréquentes sur la féminisation

 

1.

Pourquoi utiliser les noms féminins dans les textes?

2.

Utiliser les noms de personne au féminin est-il obligatoire?

3.

Peut-on mettre en début de texte une note explicative qui justifie l’emploi du masculin pour alléger le texte?

4.

Le masculin « l’emporte-t-il » toujours sur le féminin?

5.

Peut-on utiliser les parenthèses (informaticien(ne)), le trait d’union (agriculteur-trice), la barre oblique (étudiant/es) ou les capitales (entraîneurEUSE) pour montrer que l’on parle aussi des femmes?

6.

Peut-on employer les noms qui se terminent en -eure comme professeure ou directeure?

7.

Que signifie le mot épicène?

8.

Comment écrire un texte qui intègre les noms féminins mais qui ne soit pas trop lourd?

9.

Pourquoi les noms féminins de personne ne sont-ils pas tous dans les dictionnaires?

10.

Féminise-t-on ailleurs dans les autres pays francophones?

11.

Les femmes peuvent-elles choisir de se faire appeler par le nom masculin de leur fonction?

12.

Peut-on écrire un texte uniquement au féminin?

13.

Existe-t-il un bon ouvrage qui traite de la féminisation linguistique?

 

 

1.     Pourquoi utiliser les noms féminins dans les textes?

 

L’emploi des noms féminins coordonnés aux noms masculins dans les textes vise avant tout à refléter la place qu’ont prise les femmes dans la société. Des métiers et des professions traditionnellement réservés aux hommes sont maintenant accessibles aux femmes. Ces changements sociaux ont entraîné la création de noms désignant les fonctions nouvellement assumées par les femmes. L’emploi des noms féminins dans les textes traduit aussi cette présence.

 

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2.     Utiliser les noms de personne au féminin est-il obligatoire?

 

L’emploi du féminin n’est pas obligatoire en ce sens que l’omission des noms féminins ne constitue pas une erreur de vocabulaire ou de grammaire. Par contre, leur emploi est souhaité et encouragé si l’on veut rendre visible la présence des femmes dans les textes, et par là même, leur place dans la société.

 

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3.     Peut-on mettre en début de texte une note explicative qui justifie l’emploi du masculin pour alléger le texte?

 

L’emploi d’une note explicative comme : Dans ce texte, le masculin englobe les deux genres et est utilisé pour alléger le texte ne permet pas l’emploi des noms féminins et empêche par le fait même d’accorder une certaine visibilité aux femmes dans les textes.

 

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4.     Le masculin « l’emporte-t-il » toujours sur le féminin?

 

Les règles grammaticales n’ont pas changé. Le masculin est encore le genre générique, c’est-à-dire le genre utilisé pour désigner l’espèce sans distinction de sexe, par exemple les enseignants pour parler des enseignants et des enseignantes. On comprendra toutefois que l’emploi exclusif du masculin générique ne contribue pas à donner de la visibilité aux femmes dans les textes.

 

Le masculin est également toujours de mise dans l’accord de l’adjectif lorsque sont coordonnés un nom masculin et un nom féminin, comme dans les politiciennes et les politiciens étrangers.

 

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5.     Peut-on utiliser les parenthèses (informaticien(ne)), le trait d’union (agriculteur-trice), la barre oblique (étudiant/es) ou les capitales (entraîneurEUSE) pour montrer que l’on parle aussi des femmes?

 

L’emploi des parenthèses, du trait d’union, de la barre oblique ou des capitales pour introduire la finale des noms féminins n’est pas recommandé. Cette façon de faire rend la lecture plus difficile et nuit à la compréhension du texte. Il est donc préférable d’écrire les noms masculin et féminin dans leur totalité. Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter l’article Les graphies tronquées.

 

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6.     Peut-on employer les noms qui se terminent en -eure comme professeure ou directeure?

 

Il faut être prudent dans l’emploi des noms se terminant en -eure. En effet, certains noms féminins en -eure ont été créés par l’ajout du -e final au nom masculin pour pallier l’absence de nom féminin correspondant; on a ainsi créé par exemple professeure, docteure, gouverneure. L’emploi de ces nouvelles formes est tout à fait justifié et encouragé, puisque ces noms permettent maintenant de nommer les femmes dans leur fonction. Par contre, d’autres noms en -eure sont à éviter, puisqu’ils viennent concurrencer inutilement des noms correctement formés et déjà bien établis; c’est ainsi que directeure n’est pas retenu, puisqu’on a déjà en français directrice, et chercheure est inutile, puisque chercheuse existe déjà. Pour en savoir davantage sur les formes en -eure retenues et non retenues, vous pouvez consulter les articles Les noms en -eur et en -eure et Les noms féminins en -eure.

 

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7.     Que signifie le mot épicène?

 

L’adjectif épicène se dit d’un mot, désignant ou qualifiant un être animé, qui a la même forme au genre masculin et au genre féminin. Par exemple, les noms enfant, collègue et artiste, les adjectifs brave, agréable et magnifique, et les pronoms nous, on et qui sont tous épicènes. Ils pourront donc désigner ou caractériser aussi bien les hommes que les femmes. De même, les termes rédaction épicène et texte épicène font référence à une pratique d’écriture qui assure un équilibre dans la représentation des hommes et des femmes. Cet équilibre se manifeste, entre autres, par l’emploi de mots épicènes et de mots qui désignent explicitement les hommes et les femmes.

 

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8.     Comment écrire un texte qui intègre les noms féminins mais qui ne soit pas trop lourd?

 

Il est vrai que les textes féminisés sont parfois jugés inutilement lourds et redondants. Cela est souvent dû au fait que les noms féminins sont ajoutés après que la rédaction a été faite au masculin seulement. Concevoir dès le départ le texte en ayant la préoccupation de donner une égale visibilité aux femmes permet une rédaction épicène de qualité. Il existe des procédés d’écriture qui permettent une féminisation légère ou encore une formulation neutre. Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter l’article Principes généraux de la rédaction épicène et les sous-thèmes La féminisation syntaxique et La formulation neutre.

 

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9.     Pourquoi les noms féminins de personne ne sont-ils pas tous dans les dictionnaires?

 

Les dictionnaires usuels faits en France tardent parfois à consigner certaines nouvelles formes. On constate aussi que d’un dictionnaire à l’autre, la place que l’on accorde aux noms féminins diffère. Par exemple, les noms annonceuse et successeure sont mentionnés dans Le petit Robert 2013, mais ils n’apparaissent pas dans Le petit Larousse 2013. On observe également que des formes existantes mais peu employées sont souvent omises dans les dictionnaires. Ainsi, Le petit Robert 2013 consigne en entrée bienfaitrice, féminin de bienfaiteur, alors que malfaitrice, forme féminine de malfaiteur construite sur le même modèle, est absente. Soulignons enfin que les choses évoluent et que les dictionnaires, d’une édition à l’autre, accueillent peu à peu les nouvelles formes.

 

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10.  Féminise-t-on dans les autres pays francophones?

 

La féminisation des noms de métiers, de professions et de fonctions est un mouvement qui touche l’ensemble des pays francophones. La France, la Belgique et la Suisse ont elles aussi publié un guide de rédaction qui répertorie les appellations de personnes au féminin. Vous trouverez à l’article Bibliographie sur la féminisation et la rédaction épicène les références de ces guides, version papier et électronique. Mais c’est au Québec qu’existe la plus riche expertise en matière de féminisation linguistique, et que l’emploi des noms féminins est le plus entré dans l’usage.

 

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11.  Les femmes peuvent-elles choisir de se faire appeler par le nom masculin de leur fonction?

 

Rien n’interdit aux femmes de choisir le nom masculin de leur titre de fonction et de se faire appeler par exemple Madame le président, Madame le docteur ou Madame le directeur. On peut toutefois s’étonner de ce choix, qui s’explique sans doute par la valorisation que l’on attribue encore à des fonctions traditionnellement occupées par des hommes. À cela s’ajoute peut-être, dans le cas de directeur et directrice, l’emploi usuel de directrice dans des domaines jugés moins prestigieux, comme directrice d’école ou directrice de chorale. Il va de soi qu’il faut s’ouvrir à de nouveaux emplois des noms féminins et ne pas hésiter à opter pour l’appellation au féminin en mettant de côté les images qui y sont associées.

 

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12.  Peut-on écrire un texte uniquement au féminin?

 

Dans certains contextes de travail bien particuliers, pensons par exemple aux services de garde à l’enfance, le personnel est constitué d’une immense majorité de femmes. Il peut alors être tentant de rédiger des textes uniquement au féminin. Il est toutefois préférable d’écrire en s’adressant aussi bien aux hommes qu’aux femmes. L’emploi des noms féminins coordonnés aux noms masculins dans les textes vise avant tout à accorder aux femmes une meilleure visibilité. L’objectif de la rédaction épicène n’est pas de supprimer celle des hommes. Même si un milieu de travail ne comptait aucun homme encore, la pratique de la rédaction épicène et l’inclusion des appellations au masculin à côté des appellations au féminin permettraient d’ouvrir la porte au changement.

 

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13.  Existe-t-il un bon ouvrage qui traite de la féminisation linguistique?

 

L’Office québécois de la langue française a publié en 2006 un ouvrage complet sur la féminisation et la rédaction épicène, qui a pour titre Avoir bon genre à l’écrit : guide de rédaction épicène. Tous les articles de la BDL qui figurent sous le sous-thème Féminisation et rédaction épicène en sont extraits. Toutefois, le contenu de certains de ces articles de la Banque a été mis à jour depuis la parution du guide. Pour connaître la référence complète de ce guide ainsi que le titre d’autres ouvrages sur le sujet, vous pouvez consulter l’article Bibliographie sur la féminisation et la rédaction épicène.

 

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Date de la dernière mise à jour de la BDL : septembre 2017

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