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Détenir et détenteur

 

Depuis plus de 30 ans, l’emploi du verbe détenir et du substantif détenteur dans certains contextes a été critiqué par plusieurs observateurs de la langue au Québec. On a accusé l’anglais to hold et holder d’être à la source de ces usages que l’on croyait fautifs. Ainsi, il n’aurait pas été juste de dire que l’on est détenteur d’un permis de conduire, d’un diplôme, d’une carte de crédit, d’une police d’assurance, d’un compte bancaire, etc.; il aurait fallu recourir dans ces contextes à l’expression être titulaire de. D’une part, certains avancent que détenir, c’est posséder « provisoirement » quelque chose, contrairement à en être titulaire, qui signifierait qu’on le possède « de façon permanente ». D’autre part, détenir ne signifierait pas que l’on a un « droit juridique » de posséder une chose contrairement à être titulaire. Si ce dernier point est exact, il paraît hasardeux toutefois d’établir une distinction entre les deux verbes basée sur l’aspect provisoire ou permanent de la possession dans les cas cités.

 

Il semble que ces condamnations soient d’abord venues de Pierre Beaudry et de Louis-Paul Béguin, qui signaient des chroniques linguistiques dans les journaux La Presse et Le Devoir, dans les années 1970. Ce sujet a fait l’objet de bon nombre de commentaires. Le ton était tranchant et les moyens dont on disposait à l’époque pour vérifier l’usage étaient beaucoup plus limités qu’ils ne le sont aujourd’hui. Ces critiques reposaient donc souvent sur la seule description qu’en donnaient les dictionnaires. Et si, par malheur, ceux-ci ne présentaient pas une définition complète ou n’attestaient pas, dans les exemples cités, le contexte recherché, au Québec, on concluait souvent trop rapidement à une faute.

 

Un nouveau regard sur l’usage de détenir ou de détenteur nous conduit aujourd’hui à infirmer ces condamnations qui ont été répétées jusqu’à maintenant. C’est ainsi que même si on ne trouve pas dans les articles détenir ou détenteur des précisions sur leur emploi à propos d’un diplôme par exemple, c’est dans l’article diplôme que le Trésor de la langue française et le Dictionnaire de l’Académie française enregistrent détenteur ou titulaire d’un diplôme. Ce ne sont que deux exemples que l’on pourrait multiplier. Et c’est sans compter les nombreuses occurrences de détenir (ou de détenteur d’) un diplôme, un passeport, une carte de crédit, un permis de conduire, un titre (de séjour, de réfugié, de résident), un compte bancaire, un laissez-passer, etc., dans des textes émanant notamment de sources officielles dans toute la francophonie.

 

À la lumière de ce réexamen de l’usage, il nous paraît que détenir et détenteur, dans les contextes mentionnés plus haut, n’ont pas à être critiqués et ne doivent pas être écartés en raison d’une influence de l’anglais, ni considérés comme fautifs. Il est vrai qu’être titulaire a un sens plus précis, qui peut comporter un aspect juridique, ce qui n’en fait toutefois pas nécessairement un terme de droit; il est également utilisé dans la langue courante. En résumé, il est tout à fait correct d’employer détenir comme les verbes posséder, avoir, etc., lorsque le contexte ne requiert pas que l’on insiste sur le caractère juridique du document. Ainsi, avoir, posséder ou détenir un diplôme, un permis de conduire, un passeport, etc., ne signifie rien de moins qu’être titulaire d’un diplôme, d’un permis de conduire ou d’un passeport.

 

Exemples :

 

- L’heureux détenteur du billet gagnant est maintenant connu.

- La détentrice (ou : la tenante) du titre affrontera les meilleures de sa discipline à l’occasion du championnat du monde.

- Pour poser votre candidature, vous devez être titulaire (ou : être détenteur, aussi justifier) d’un baccalauréat en administration et posséder une expérience dans le domaine.

- Suite à l’annulation du spectacle, les détenteurs de billets pourront être remboursés.

- Pour réserver votre forfait à la pourvoirie, vous devez détenir (ou : posséder, être titulaire d’) un permis de pêche valide.

- Il affirme détenir (ou : posséder) des informations cruciales pour la poursuite de l’enquête.

- Il sera difficile de déloger une personne qui est titulaire du poste depuis des années.

- Le ou la titulaire du compte doit se présenter en personne pour signer l’autorisation.

- Les détenteurs (ou : les titulaires) d’un passeport canadien n’ont pas à demander de visa pour ce pays.

- Pour toucher le montant de l’assurance, le titulaire de la police doit remplir toutes les conditions précisées dans le contrat.

- Ces places sont réservées aux détenteurs (ou : titulaires) de permis de stationnement.

- Seuls les détenteurs de cette carte de crédit peuvent accumuler des points.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : septembre 2017

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