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L'orthographe
Accents, tréma et cédille > Accent aigu et accent grave



L'accent grave en fonction phonétique

 

L'accent grave peut avoir deux fonctions en français : une fonction phonétique et une fonction distinctive. Il peut donc soit préciser la prononciation du e, soit distinguer des homophones.

 

Au XVIe et au XVIIe siècle, on n'employait l'accent grave que dans une fonction distinctive. Puisqu'on distinguait encore mal, à cette époque, la différence entre le son correspondant à é et celui correspondant à è, on employait dans certains mots l'accent aigu là où l'on emploie aujourd'hui l'accent grave; on écrivait notamment accés et cyprés plutôt que accès et cyprès. Dans d'autres mots, on redoublait la consonne suivant le e pour signifier que ce e se prononçait comme un è. C'est à partir de la moitié du XVIIIe siècle qu'on emploiera régulièrement l'accent grave pour représenter le son è. L'accent grave sur le e a fait disparaître certaines consonnes doubles (fidelle est devenu fidèle, secrette est devenu secrète), ces consonnes devenant inutiles puisqu’elles jouaient le même rôle que l'accent.

 

Lorsqu’il a une fonction phonétique, l'accent grave n’est possible que sur la lettre e, qui correspond alors au son [E], que l’on a dans le mot près. Il permet d’opposer ce son au son [é], correspondant au é du nom , et au son [e], correspondant au e de la préposition de.

 

L'accent grave est habituellement employé en syllabe graphique ouverte (sauf devant un -s final, comme on le verra plus loin), c’est-à-dire que le è termine la syllabe graphique. Dans ce contexte, le è peut être suivi d'une consonne simple, de deux consonnes qui représentent un seul son ou encore d'un groupe de deux consonnes se terminant par un l ou un r. On met ainsi un accent grave sur le e lorsque la syllabe qui suit contient un e muet.

 

Exemples :

 

- Je n'ai jamais avoué à ton frère que j'étais secrètement amoureuse de lui.

- Pourrais-tu t'assurer que les serviettes sont sèches?

- Ce roman a été écrit au XIXe siècle.

 

 

Cette règle fait que certains verbes du premier groupe dont le radical se termine par un e ou par un é voient cette voyelle transformée en è dans quelques-unes de leurs formes verbales. Dans d'autres verbes, toutefois (dans jeter et acheter, entre autres), on redouble la consonne suivante plutôt que de mettre un accent grave sur le e.

 

Exemples :

 

- Hubert ne pensait pas qu'il gèlerait autant.

- Lise lèvera sa fille à 8 h demain matin.

- Gilbert repère rapidement les défauts des autres.

 

 

La même règle fait aussi que, dans une même famille de mots, certains mots s'écrivent avec un accent aigu et d'autres avec un accent grave, par exemple : fidèle/fidélité, mystère/mystérieux.

 

 

On met aussi souvent un accent grave sur le e lorsqu'il se trouve devant un -s final, que cette lettre soit prononcée ou non.

 

Exemples :

 

- Il a promis de m'appeler immédiatement après le procès.

- Les employés ne peuvent avoir accès à ces documents.

- Cette crème contient de l'aloès.

 

 

On ne trouve jamais de è devant une consonne double (ni devant un x, qui s'apparente à une consonne double), puisque les consonnes doubles indiquent déjà que le e qui précède se prononce, théoriquement, comme un e ouvert. On ne trouve pas non plus de è devant une consonne finale autre que s.

 

Exemples :

 

- Son cellier est rempli de bouteilles de vin rouge.

- Le ciel était magnifique.

- C'est le cadet de ses soucis.

 

 

Notons enfin qu’on ne trouve pas de è en position initiale du mot (sauf dans de très rares exceptions comme ère ou Ève) ni en position finale.

 

Les rectifications de l'orthographe de 1990 ont proposé de modifier le é pour un è dans certains contextes afin de mieux correspondre à la prononciation. Ainsi, les formes conjuguées des verbes du type céder, qui ont longtemps pris un accent aigu au futur et au conditionnel, peuvent aujourd'hui s'écrire avec un è. De même, les inversions interrogatives de la première personne du singulier du type aimé-je peuvent maintenant s'écrire avec un è (aimè-je). Dans ces cas, l'emploi du é et du è sont tous les deux corrects.

 

 

Pour en savoir davantage sur les propositions de rectifications de l'orthographe concernant l'accent aigu et l'accent grave, consultez l'article Accent grave. Pour ce qui est de la fonction distinctive de l'accent grave, consultez l'article L'accent grave en fonction distinctive. Enfin, pour en savoir davantage sur les mots qui contiennent un accent aigu alors que certains mots de la même famille contiennent un accent grave, consultez l'article Alternance entre é et è dans les mots de même famille.

 

Pour pouvoir visualiser la transcription en alphabet phonétique international (API), qui apparaît entre crochets, vous devez avoir la police de caractères API TLFQ. Vous pouvez la télécharger sur notre site en cliquant ici. Pour vous familiariser avec les symboles de l'API utilisés dans la BDL, vous pouvez consulter l'article Alphabet phonétique international.

 



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : novembre 2017

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