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La ponctuation
Généralités sur la ponctuation



- Principes généraux de la ponctuation

 

On peut parler de principes et de règles de ponctuation dans la mesure où un certain nombre de conventions se sont imposées au fil des époques. Il faut toutefois préciser que plusieurs pratiques différentes cohabitent. Il arrive souvent, d’ailleurs, que divers choix soient possibles en un point précis du texte; la ponctuation devient alors affaire de nuances sémantiques et stylistiques.

 

 

Des principes syntaxiques, sémantiques et stylistiques

 

Il existe des principes syntaxiques, sémantiques et stylistiques en matière de ponctuation, comportant obligations et possibilités. En effet, la ponctuation d’une phrase est établie en fonction de sa construction, du sens précis que l’on veut lui donner et du style souhaité. Prenons le cas de la virgule, qui fait couler beaucoup d’encre dans les traités de ponctuation : elle est parfois interdite, parfois obligatoire, parfois facultative. Voyons d’abord quelques cas de virgules interdites et obligatoires.

 

Exemples :

 

- Martin, est parti en voyage. (virgule interdite entre le sujet et le verbe, sauf si le sujet est relativement long)

 

- Il a apporté, son passeport. (virgule interdite entre le verbe et le complément)

 

- Il m’a dit, en outre, (mais je n’en suis pas sûre) avoir en main son carnet de vaccination. (virgule interdite avant une parenthèse ouvrante)

 

- Il a, faut-il le préciser, apporté son appareil photo, son maillot de bain, son masque de plongée et ses palmes. (virgules obligatoires avant et après une incise ainsi qu’entre les différents termes d’une énumération juxtaposés)

 

- Il a mis dans sa valise pantalons, tee-shirts, espadrilles, etc. (virgule obligatoire avant etc.)

 

Dans les cas, nombreux, où la virgule est facultative, son emploi ou non est une question de nuances. Par ailleurs, plus une phrase est longue et complexe, plus les signes de ponctuation deviennent utiles pour en faciliter la compréhension.

 

Exemples :

 

- Il était emballé à l’idée de ce voyage(,) mais stressé aussi.

(La virgule est facultative devant la conjonction mais, lorsque ce qui suit mais est court; ici la virgule accentue l’opposition entre l’enthousiasme et le stress.)

 

- Il s’était levé frais et dispos(,) et avait appelé un taxi pour se rendre à l’aéroport.

(La virgule, facultative ici, est cependant préférable. Elle facilite le découpage syntaxique des deux propositions et donc la compréhension du texte. En effet, il y a risque d’ambiguïté, car le et qui coordonne les deux propositions est à proximité d’un autre et.)

 

 

Outre la question du découpage syntaxique, la valeur expressive d’un mot peut varier selon la ponctuation utilisée. On attribue ainsi un poids différent à l’adjectif méchant dans les trois exemples suivants.

 

Exemples :

 

- Paul est bête et méchant.

(Les attributs bête et méchant sont mis sur un même pied.)

 

- Paul est bête, et méchant.

(On met l’accent sur la méchanceté : il est non seulement bête, mais méchant en plus.)

 

- Paul est bête. Et méchant.

(On appuie encore plus sur méchant, qui constitue une phrase à lui seul.)

 

Dans le même ordre d’idées, la valeur sémantique et expressive d’une phrase entière peut varier selon la ponctuation utilisée, comme le montrent les exemples suivants.

 

Exemples :

 

- J’ai exprimé ma déception naturellement.

(C’est avec naturel, sans affectation, que j’ai exprimé mon sentiment.)

 

- J’ai exprimé ma déception, naturellement.

(Forcément, logiquement, j’ai exprimé ma déception.)

 

- J’ai exprimé ma déception, naturellement!

(Bien sûr que je l’ai exprimée, ma déception!)

 

Enfin, les deux phrases suivantes montrent la différence de sens que permet la présence ou non de virgules.

 

Exemples :

 

- Les pesos, que je lui avais procurés à la banque, n’ont pas été acceptés par le gérant de l’hôtel : il croyait qu’il s’agissait de faux.

(La proposition relative explicative est placée entre virgules : tous ses pesos ont été achetés à la banque et ont été refusés.)

 

- Les pesos que je lui avais procurés à la banque n’ont pas été acceptés par le gérant de l’hôtel : il croyait qu’il s’agissait de faux.

(La proposition relative déterminative n’est pas entre virgules : on peut supposer qu’il avait d’autres pesos, provenant d’ailleurs que de la banque, et que ces derniers ont été acceptés.)

 

 

Des règles à respecter… ou à transgresser

 

En marge des principes de ponctuation des textes courants, qui visent la clarté et la précision de l’information, il existe des pratiques très diversifiées dans les textes littéraires. Ces pratiques personnelles mettent en lumière le style de chaque auteur et son désir plus ou moins marqué de passer outre aux usages normaux à des fins esthétiques.

 

 « Un point c’est tout, trois points ce n’est pas tout », disait Paul Claudel. Tout comme Mallarmé et contrairement à Nathalie Sarraute, cet écrivain n’aimait pas les points de suspension. Quant à George Sand, elle apportait un soin particulier à la ponctuation de ses textes et s’opposait aux corrections des éditeurs à ce chapitre, à une époque où ils reponctuaient abondamment les textes littéraires. Et si l’on avait accès aux manuscrits originaux de Racine, non retouchés par les éditeurs, on constaterait que ce grand auteur n’utilisait pratiquement que le point et la virgule. 

 

En somme, il existe une part de liberté dans la pratique de la ponctuation et une part de règles d’usage. La ponctuation est un code porteur d’informations diverses sur la structure du texte, la syntaxe, le sens, l’intonation, le rythme. S’en priver, c’est priver le texte d’une multitude d’informations. En littérature cependant, une transgression des règles d’usage peut permettre de ménager un espace de créativité riche d’une ambiguïté délibérée. Par ailleurs, la ponctuation est personnelle et permet au scripteur d’exprimer au mieux sa pensée, dans toutes ses nuances et ses subtilités.

 

 

Le code typographique : des conventions de base

 

Mentionnons pour terminer que les codes typographiques présentent diverses règles en usage dans les imprimeries en ce qui concerne chaque signe de ponctuation ainsi que ses espacements (on dit souvent dans ce domaine une espace (au féminin) : une espace fine, une espace forte, une espace insécable). À titre d’exemple, voici ce qu’énonce le Nouveau code typographique au sujet du point et du deux-points :

 

[Le point] marque la fin d’une phrase; le point remplace également les lettres supprimées pour créer une abréviation.

 

Le deux-points « : » prend une espace après le dernier mot de la phrase et, si nécessaire, une espace avant le mot qui suit :

            Les témoins s’écrièrent : « Miracle! apothéose! »

 

 

Notons, par ailleurs, que les signes de ponctuation ne doivent jamais être rejetés au début de la ligne suivante.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : septembre 2017

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