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La ponctuation
Généralités sur la ponctuation



Histoire de la ponctuation

 

La ponctuation en tant que code n’a pas toujours existé; c’est un système beaucoup plus récent que l’écriture. Ainsi, dans l’Antiquité grecque et latine, on pratique l’écriture en continu (scriptio continua), c’est-à-dire sans blanc entre les mots; cependant, on utilise déjà divers signes pour marquer la séparation entre les mots et entre les paragraphes. Ces signes sont les ancêtres de la ponctuation.

 

Malgré ce que l’on pourrait croire, le premier signe de ponctuation n’est pas le blanc mais le point, d’abord utilisé pour marquer la séparation entre les mots. Le blanc entre les mots apparaîtra en effet plus tard et ne se généralisera qu’au VIIe siècle.

 

La paternité de la ponctuation est souvent attribuée à Aristophane de Byzance (IIe siècle

av. J.-C.), conservateur de la bibliothèque d’Alexandrie. En fait, il s’inscrit plutôt dans une longue tradition. Il instaure un usage précis de trois points : le point en haut ou point parfait, placé au-dessus de la ligne; le point moyen ou point médian, au milieu de la ligne; et le point en bas ou sous-point, en bas de la ligne, qui correspondent respectivement à une ponctuation forte, moyenne et faible. Ces signes permettent de copier plus fidèlement des textes de la célèbre bibliothèque, notamment L’Iliade et L’Odyssée d’Homère.

 

Au IVe siècle, saint Jérôme met en place un premier système de ponctuation, relativement complexe, dans sa traduction en latin de la Bible. Outre l’utilisation des trois points, il divise les textes en colonnes et en périodes (ensemble de phrases qui exprime une pensée complète), en plus de distinguer les membres de phrases et les incises par divers signes.

 

Au Moyen Âge, des usages multiples cohabitent, qui visent avant tout la fonction respiratoire de la ponctuation : le besoin de marquer les pauses à l’oral prévaudra longtemps sur la fonction plus logique de la ponctuation, bien que ces aspects soient étroitement liés. Les copistes médiévaux développent par ailleurs l’art de l’enluminure, qui consiste entre autres à orner le début d’un chapitre d’une majuscule dessinée et peinte; ils ajoutent également des vignettes ainsi que des pieds-de-mouche (¶).

 

Les premiers véritables traités de ponctuation datent de la Renaissance. L’invention de l’imprimerie (1434) marque un tournant : elle entraîne un besoin de codification des usages typographiques. Le traité de Dolet (1540) devient la bible des imprimeurs, avec son cortège de signes ponctuationnels à peu près tels qu’on les connaît aujourd’hui. Les copistes cèdent la place aux typographes.

 

Les pratiques demeurent très variées malgré l’existence de traités. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que s’établit un code plus rationnel. Le grammairien Nicolas Beauzée insiste sur le rôle syntaxique de la ponctuation, qui aide au décodage du sens. À mesure que se généralise la lecture silencieuse, la ponctuation respiratoire perd du terrain au profit de la ponctuation grammaticale.

 

Jusqu’au XIXe siècle, les auteurs ne se soucient guère de la ponctuation et s’en remettent aux imprimeurs. De plus en plus orienté vers la syntaxe, le code de ponctuation devient rigide. La ponctuation des éditeurs est abondante : ils multiplient les virgules, « corrigent » les auteurs, dénaturant trop souvent le sens de l’œuvre. Certains auteurs, telle George Sand, commencent à revendiquer leur ponctuation et à tenir tête aux éditeurs.

 

Si les usages ponctuationnels tels qu’on les connaît aujourd’hui se sont généralement fixés au XIXe siècle, le système continue néanmoins d’évoluer. En 1912, Apollinaire supprime la ponctuation dans ses poèmes. D’autres écrivains lui emboîtent le pas, marquant ainsi un désir de modernité et d’affranchissement. Les pratiques littéraires de la ponctuation se distinguent alors nettement des pratiques courantes, entre autres par l’usage graphique des blancs en poésie.

 

On a tenté quelques innovations, telles que le point d’indignation proposé par Raymond Queneau et le point d’humour de Joseph Delteil; ces propositions sont restées sans suite, tout comme le point d’ironie inventé par Alcanter de Brahm à la fin du XIXe siècle. Par ailleurs, un emploi particulier des caractères du clavier s’est plus récemment répandu dans la communication électronique : les binettes, sortes de petits dessins suggérant la forme d’un visage dont l’expression traduit un état d’esprit. Pour en savoir davantage à ce sujet, vous pouvez consulter l’article Binette.



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : novembre 2017

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