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Les anglicismes
Anglicismes sémantiques



Sévère

 

En français, l’adjectif sévère signifie notamment « qui ne permet pas qu’on manque à la règle, qui punit durement ». Il peut également qualifier un style, une apparence austère, stricte, dépouillée ou encore des pratiques contraignantes.

 

Exemples :

 

- Ses parents sont trop sévères sur la question des vêtements.

- Cette architecture sévère convient bien à la mission de l’établissement.

- Un régime sévère aurait pu lui permettre de guérir.

 

L’usage lui donne aussi le sens, critiqué, de « grave par son importance, pénible, considérable ». Ce sens est critiqué parce qu’il s’est répandu sous l’influence de l’anglais, d’abord dans l’usage médical (au XIXe siècle), puis dans le domaine militaire (à partir de 1914, dans l’expression pertes sévères traduite de l’anglais severe losses).

 

Or, les emplois en anglais viennent eux-mêmes de l’ancien français ou du latin severus. Cette évolution étymologique explique la parenté sémantique observée aujourd’hui entre le français sévère « sans indulgence » et l’anglais severe « lourd, qui affecte durement ». Certains lexicographes considèrent que le glissement de sens qui s’est opéré entre les deux langues s’inscrit dans l’ordre normal des choses et ne devrait pas susciter d’indignation. Toutefois, la langue française recèle une multitude d’adjectifs susceptibles d’exprimer ce que véhicule le terme anglais severe et il serait dommage que sévère en vienne à détrôner systématiquement tous les autres adjectifs possibles : grave, grand, gros, lourd, fort, intense, élevé, important, considérable, dur, difficile, malaisé, sérieux, inquiétant, dangereux, redoutable, terrible, violent, cruel, douloureux, pénible, rigoureux, rude, cuisant, etc. Aussi est-il souhaitable de préserver la richesse du vocabulaire français en gardant à l’esprit que sévère ne devrait pas tout dire en toutes occasions.

 

Exemples :

 

- L’entreprise a subi de lourdes pertes au cours du dernier trimestre.

(plutôt que : pertes sévères)

- L’échec cuisant de Geneviève au championnat mondial ne l’a pas découragée outre mesure. (plutôt que : échec sévère)

- Les Québécois sont habitués aux hivers rigoureux (plutôt que : hivers sévères)

- Nous avons dû surmonter des obstacles redoutables pour atteindre nos objectifs.

(plutôt que : obstacles sévères)

- Son fils souffre d’une douleur violente à l’abdomen. (plutôt que : douleur sévère)

- Les employés ont été témoins d’une chaude lutte entre les deux directions.

(plutôt que : lutte sévère)

- Ce bombardement a été encore plus intense que le précédent.

(plutôt que : bombardement sévère)

- Mario devrait consulter un psychologue, il a un grave problème de phobie.

(plutôt que : sévère problème)

 

Pour ce qui est de la langue médicale, sévère s’est imposé dans bien des termes composés, comme en témoigne par exemple le notoire SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). On peut douter de l’utilité de sévère lorsqu’il ne signifie rien de plus que « grave, sérieux » ou « intense, violent » et c’est pourquoi il serait préférable de parler de SRAG (syndrome respiratoire aigu grave) plutôt que de SRAS. Toutefois, dans la nomenclature médicale lorsqu’il est question de gradation dans l’évolution d’une maladie, par exemple, sévère a sa place lorsqu’il sert à marquer une différence d’intensité par rapport à grave et qu’il signifie « très grave » : il désigne alors le plus haut degré d’intensité d’une affection ou d’une manifestation.

 



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : septembre 2017

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