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La syntaxe
La négation et la restriction



Ne explétif

 

Il existe en français un ne dit explétif, c’est-à-dire qui n’est pas indispensable au sens ou à la syntaxe de la phrase et qui n’a pas son rôle habituel de négation. On l’utilise presque exclusivement à l’écrit, dans la langue soignée. On le rencontre dans différents types de constructions. Dans tous les exemples qui suivent, on pourrait l’omettre sans altérer le sens des énoncés.

 

Le ne explétif s’emploie avec des adverbes de comparaison comme davantage, plus, moins, mieux, meilleur, pire, moindre, utilisés avec que pour introduire une proposition subordonnée.

 

Exemples :

 

- Les conséquences de leur décision sont bien pires qu’ils ne l’avaient imaginé. (ou : qu’ils avaient imaginé)

- Elle est moins timide qu’elle ne le semble. (ou : qu’elle le semble; ou : qu’elle semble)

 

On le trouve aussi dans certaines subordonnées introduites par des verbes comme craindre, avoir peur, redouter, empêcher, éviter et par d’autres verbes ou expressions de même signification. Toutefois, si le verbe de la principale est à la forme négative, le ne explétif disparaît.

 

Exemples :

 

- Nous tenterons d’éviter qu’il n’apprenne (ou : qu’il apprenne) la nouvelle avant son départ.

- Même si sa grossesse se passe très bien, je crains que ma sœur ne soit obligée (ou : que ma sœur soit obligée) d’arrêter de travailler bientôt.

- Je ne crains pas qu’elle soit obligée de rentrer au pays avant le moment prévu.

 

On utilise également le ne explétif avec certaines locutions conjonctives comme avant que, à moins que.

 

Exemples :

 

- Réagis avant qu’un drame ne se produise! (ou : avant qu’un drame se produise)

- On doit présenter sa carte à moins qu’on ne soit un invité d’honneur. (ou : à moins qu’on soit)

- Il reviendra au pays pour votre mariage à moins que d’autres obligations ne le retiennent. (ou : à moins que d’autres obligations le retiennent)

- Vous pourrez mettre ces papiers au recyclage, à moins qu’on n’en ait encore besoin, bien sûr. (ou : à moins qu’on en ait)

- Je participerai au congrès à moins que des obligations ne m’en empêchent. (ou : à moins que des obligations m’en empêchent)

- On devra s’équiper d’ordinateurs neufs, à moins qu’on n’en reçoive d’occasion. (ou : à moins qu’on en reçoive)

 

Par contre, la présence du ne explétif après la locution conjonctive sans que constitue, de l’avis des grammairiens, une erreur, et ce, même si la proposition est suivie de mots tels que aucun, personne ou rien. Le sens de la préposition sans permet, à lui seul, l’expression d’une nuance négative. Notons que la locution sans que se construit avec le subjonctif.

 

Exemples :

 

- Je crois que nous pouvons régler ce conflit sans que les parents interviennent. (et non : sans que les parents n’interviennent)

- Vous pouvez travailler seuls sans qu’on vous dise constamment quoi faire. (et non : sans qu’on ne vous dise constamment quoi faire)

- Les voleurs ont pris la fuite sans que personne ait pu les intercepter. (et non : sans que personne n’ait pu les intercepter)

- La réunion a été annulée sans qu’il soit prévenu. (et non : sans qu’il ne soit prévenu)

- Elle ne viendra pas sans qu’on l’invite. (et non : sans qu’on ne l’invite)



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Date de la dernière mise à jour de la BDL : novembre 2017

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