Site de l'Office québécois de la langue française
Bandeau et barre de navigation Page d'accueil Plan du site Commentaires Coordonnées English section Portail du gouvernement du Québec
 

 

Recherche
 

Index alphabétique  Index thématique




Le vocabulaire
Pléonasmes



Le moindre petit

 

L’enchaînement le moindre petit que l’on trouve dans les exemples suivants est considéré comme pléonastique.

 

Exemples fautifs :

 

- Quand elle est seule à la maison, Jeanne devient nerveuse et le moindre petit bruit l’effraie.

- Il est très exigeant envers ses amis et leur reproche le moindre petit défaut.

- Jacinthe est si économe! Elle fait tout pour éviter la moindre petite dépense.

- Ma sœur m’a tant de fois raconté son voyage en Italie que j’en connais les moindres petits détails.

 

 

En effet, l’adjectif petit signifie ici « qui n’a pas beaucoup d’importance » et son superlatif le moindre signifie « le plus petit, le moins important, le moins remarquable ». Il y a donc redondance puisque chacun des deux mots relève le caractère modeste, peu important de la chose en question.

 

On écrirait plus correctement :

 

- Quand elle est seule à la maison, Jeanne devient nerveuse et le moindre bruit l’effraie.

- Il est très exigeant envers ses amis et leur reproche le moindre défaut.

- Jacinthe est si économe! Elle fait tout pour éviter la moindre dépense.

- Ma sœur m’a tant de fois raconté son voyage en Italie que j’en connais les plus petits détails.

 

 

L’expression pléonastique moindre petit est très usitée dans la francophonie et certains grammairiens la tolèrent en alléguant que le mot petit, dans cette expression, signifie « modeste ». On dira par exemple le moindre petit bout de ruban, au sens de le moindre bout de ruban, si modeste soit-il. C’est d’ailleurs ce sens que La Fontaine met en évidence dans sa célèbre fable La cigale et la fourmi : « Pas le moindre petit morceau de mouche ou de vermisseau… ». Cependant, il faut noter que l’expression pléonastique a été employée par La Fontaine à des fins expressives; dans l’usage courant, elle est habituellement sentie comme appartenant à la langue familière. Il est donc préférable de l’éviter dans un texte de style soutenu, sauf à des fins expressives. On écrira par exemple : la moindre difficulté l’arrête ou la plus petite difficulté l’arrête (plutôt que : la moindre petite difficulté l’arrête).

 

Notons que le comparatif moindre peut être renforcé par les adverbes bien et beaucoup, mais non par l’adverbe très. On peut ainsi dire bien moindre, beaucoup moindre, mais non très moindre.

 

Exemples :

 

- Les coûts de production sont bien moindres avec le nouvel appareil.

- Avec cet équipement d’escalade, les risques de blessures sont beaucoup moindres.

 



Haut
Date de la dernière mise à jour de la BDL : septembre 2017

Accès à l’information - Politique de confidentialité
Québec

© Gouvernement du Québec, 2002

Aide à la recherche Présentation de la BDL Foire aux questions Liste des articles